Workflow avec l'IA
Les articles de fond publiés sur ce site sont produits avec l'assistance d'une intelligence artificielle générative. Cette page décrit la méthode appliquée, les outils utilisés et la répartition des rôles entre le rédacteur humain et l'IA.
Répartition des rôles
L'IA ne rédige pas un article : elle l'exécute sous direction éditoriale.
- Je suis l'auteur et le directeur éditorial. Je choisis le sujet, l'angle, le périmètre, la profondeur historique, la hiérarchie des sources, la structure narrative, le ton. Je valide ou rejette chaque section. Je tranche les divergences entre sources. Je décide de la publication.
- L'IA est un atelier de production. Elle cherche, vérifie, reformule, contrôle la qualité typographique, produit le HTML final. Elle ne prend aucune décision éditoriale.
- Quatre points de contrôle (CP1 à CP4) jalonnent le processus et m'obligent à valider explicitement avant que l'article avance. Aucun CP ne peut être sauté par l'IA.
Un article publié ici n'est pas « écrit par IA et relu par humain », c'est un article dirigé et arbitré par moi, dont l'IA est l'exécutant outillé. Les arbitrages éditoriaux sont les miens.
Les huit phases
Un article de fond traverse huit phases réparties sur trois contextes d'exécution. Ce workflow est adapté, renforcé ou allégé selon le sujet.
- Claude Code, session principale : pilotage, brainstorming, capture des claims, finalisation technique, publication
- Claude Code, session dédiée : exécution de la recherche lourde (pour éviter que la conversation principale sature)
- Projet claude.ai : rédaction itérative du texte (espace de travail avec contexte pré‑chargé)
Phase 1 — Brainstorming éditorial
Contexte : session principale, en dialogue avec moi.
Livrable : plan-recherche-article-<sujet>.md — positionnement éditorial, axes majeurs, périmètre, profondeur historique, hiérarchie des sources, structure narrative prévisionnelle, conventions des dépliables.
Sept points travaillés itérativement : axe éditorial central, périmètre, profondeur historique, hiérarchie des sources, structure narrative section par section, concepts FabNum v2 qui transparaîtront, anticipation des dépliables. Je tranche à chaque point.
CP1 — Validation du plan. Je valide explicitement le plan de recherche avant le mandat.
Phase 2 — Mandat de recherche
Contexte : session principale.
Livrable : brief-recherche-article-<sujet>.md — instructions exhaustives pour une session de recherche autonome : blocs thématiques, requêtes suggérées, ordre d'exécution, points d'attention, format de livrable.
Le brief est auto‑suffisant : la session de recherche n'a pas besoin de remonter la conversation du brainstorming. Il référence les fichiers existants (sources déjà collectées, articles précédents du dossier) et fixe la hiérarchie des sources et les règles de vérification croisée.
Phase 3 — Recherche et capture des claims
Contexte : session dédiée (isolée de la session principale pour absorber la charge sans interférer avec le pilotage).
Livrable : claims-article-<sujet>.md — claims numérotés, statut de vérification, pertinence, bibliographie complète avec identifiants d'objets numériques (DOI, Digital Object Identifier) ou URL.
Outils et conventions de la capture des claims
Outils utilisés :
- Scholar Gateway pour la recherche sémantique académique
- CrossRef API pour récupérer les DOI par titre
- WebSearch pour la presse et les sources industrielles
- WebFetch pour les PDF institutionnels (USGS MCS, SCRREEN2, JRC)
- Session Firefox dédiée en mode lecture pour les cas non traitables par WebFetch
- Consensus en dernier recours (quota mensuel limité)
Conventions :
- Numérotation Cx.yy par bloc thématique
- Statut : unique, à recouper, recoupé, divergence, lacune
- Pertinence : structurant, important, contexte, dossier, modèle
- Recoupement proportionnel : plus un claim est majeur, plus il doit être recoupé
- Capture opportuniste : toute information utile trouvée en chemin est enregistrée, même hors périmètre direct
- Bibliographie en fin de fichier, chaque entrée avec DOI ou URL de vérification
Phase 4 — Audit et consolidation
Contexte : session principale, avec moi en validation.
Six contrôles sont passés en revue : complétude de la bibliographie, couverture DOI/URL, cohérence de la numérotation, validité des références croisées internes, recoupement des claims majeurs, couverture des blocs prévus au plan. L'audit est délégué à un sous‑agent d'exploration indépendant qui n'a pas participé à la capture des claims, et qui rend un rapport ; je trie ensuite les anomalies. L'indépendance du vérificateur est ce qui donne à l'audit sa valeur de contrôle.
Selon la nature des écarts, trois suites sont possibles : corrections techniques directes, bouclage rapide en phase 1 si la ligne éditoriale doit être amendée, ou mini‑mandat de recherche pour combler une lacune.
CP2 — Validation des claims. Je valide l'état consolidé des claims et de la bibliographie avant de rédiger un brief de rédaction.
Phase 5 — Brief de rédaction
Contexte : session principale.
Livrable : brief-redaction-article-<sujet>.md — mapping claims → sections, convention des dépliables, règles de rédaction, conventions HTML du site.
Six documents sont chargés dans le projet claude.ai qui prendra en charge la rédaction : le brief, le fichier de claims, un article d'introduction du dossier en modèle de ton, les règles R1–R17 et T1–T23 du skill style‑audit, le plan de recherche pour contexte, et un document de référence FabNum v2 (imprégnation, pas citation).
Phase 6 — Rédaction itérative
Contexte : projet claude.ai pour la rédaction, session principale pour la conformité aux instructions, moi pour la relecture.
Rédaction section par section. Chaque section m'est présentée pour validation avant la suivante ; elle contient le texte mais aussi les décisions prises pendant la rédaction (par claude.ai ou par moi). Mes objections ou compléments déclenchent parfois un mini‑mandat de recherche. En fin de phase, l'article est assemblé et relu avant la mise en forme.
CP3 — Validation section par section. Aucune section n'avance sans mon accord ; l'article complet est relu avant la finalisation technique.
Convention des dépliables
Les dépliables donnent trois niveaux de lecture : rapide (≈ 10 min : chapô + premières phrases), standard (≈ 12–15 min : texte principal), approfondi (≈ 20–25 min : dépliables ouverts).
- Inline quand une phrase du texte déclenche le besoin (« j'aimerais voir le chiffre complet »)
- Fin de section quand le contenu enrichit l'ensemble sans s'accrocher à une phrase précise
- Maximum 2–3 inline par section + 0–1 en fin de section
Quatre usages autorisés : données chiffrées étendues (tableaux), mécanismes techniques, approfondissements géopolitiques, note méthodologique sur les sources en tête d'article.
Phase 7 — Finalisation technique
Contexte : session principale ou dédiée selon la charge attendue (une session dédiée est ouverte pour les articles à 30+ sources, où la vérification sature vite le contexte).
- Génération du HTML final et de ses métadonnées dans le dépôt source du générateur de site
- Passe 1 du skill
style-audit— un premier agent indépendant produit un rapport de violations (R1–R17 + T1–T23) - Corrections appliquées par un second agent indépendant, qui n'a pas détecté les violations lui‑même
- Passe 2 du skill
style-audit— deux nouveaux agents reprennent le cycle rapport + corrections pour attraper les résidus et les violations que la passe 1 a pu introduire - Passe 3 conditionnelle si la passe 2 a été lourde (plus d'une dizaine de corrections, ou modifications significatives du texte narratif)
- Skill
verify-citations— un agent vérifie que ce que l'article affirme est conforme au contenu de la source, sans aller au‑delà, avec proposition de reformulation en cas d'écart - Corrections éventuelles sur les citations
Phase 8 — Validation et publication
Contexte : session principale, avec moi en décision finale.
CP4 — Validation finale avant publication. Je relis l'article complet dans sa mise en forme finale et je reformule ce qui doit l'être. Aucune publication ne se fait sans ce checkpoint.
- CP4 : relecture et reformulation finales
- Corrections éventuelles
- Intégration dans le dépôt source du site
- Construction du site et vérification du rendu (HTML, navigation du dossier, dépliables fonctionnels)
- Mise à jour des notes du dossier pour enregistrer l'article comme publié
- Commit git et publication sur Framagit
Règles transverses
Vérification croisée proportionnelle
Plus une information est majeure, plus elle doit être recoupée. Un claim majeur exige au moins deux sources indépendantes. En cas de divergence entre sources, la divergence est conservée dans l'article plutôt que tranchée arbitrairement.
Traçabilité des sources
Toute référence citée dans un claim a une entrée bibliographique avec DOI ou URL. CrossRef est utilisé pour retrouver les DOI des articles à comité de lecture quand la recherche sémantique ne les a pas fournis.
Isolation des contextes de recherche
La recherche lourde (30+ claims, multiples sources) est sortie de la session principale pour éviter la compaction de contexte — la limite technique au‑delà de laquelle la conversation est automatiquement résumée, ce qui dégrade la précision. Chaque article a son propre brief de recherche auto‑suffisant. La rédaction est portée par claude.ai pour bénéficier d'une interface de lecture optimisée et d'un budget de contexte dédié.
Isolation des agents de contrôle
Les contrôles qualité (audit des claims en phase 4, style et citations en phase 7) sont confiés à des agents indépendants qui n'ont pas participé aux étapes qu'ils contrôlent. Un rédacteur qui relit son propre texte ne voit pas ses propres tics ; un chercheur qui audite ses propres claims ne voit pas ses propres lacunes. Ce biais de confirmation s'applique au rédacteur humain comme à l'IA qui a rédigé. L'isolation des agents de contrôle est ce qui donne au dispositif qualité sa valeur : sans elle, il s'agit de relecture par l'auteur, pas de contrôle.
Pour la même raison, le skill style-audit emploie deux agents distincts à chaque passe : un pour produire le rapport de violations, un autre pour appliquer les corrections. L'agent correcteur n'a pas à se justifier d'avoir raté une violation, puisque ce n'est pas lui qui l'a cherchée.
Livrables persistants
Tous les documents de travail (plan, brief de recherche, claims, brief de rédaction, sections intermédiaires) restent dans le dossier de travail de l'article. Ils servent de mémoire du processus et de matière pour les articles suivants.
FabNum v2 transparaît
Les concepts de la modélisation FabNum v2 (chaîne connexe, IHH, ICS, IVC, ISG, bus d'impact, graphe structurel vs situationnel, propagation multi‑niveaux) sous-tendent implicitement le raisonnement mais ne sont jamais nommés dans le texte. Ces indices et structures sont définis dans la documentation FabNum v2. Le lecteur pense en termes FabNum sans que le vocabulaire lui soit imposé.
Contrôles qualité outillés
Ces skills vivent dans mon environnement local et sont réutilisés d'un article à l'autre. Le premier, style-audit, traque les tics d'écriture LLM et les écarts typographiques. Le second, verify-citations, vérifie la fidélité des citations à leurs sources.
Skill style-audit — anti‑style LLM et typographie française
Invoqué en phase 7 en deux passes, plus une passe 3 conditionnelle quand la deuxième a été lourde. Chaque passe mobilise deux agents indépendants : l'un produit un rapport de violations, l'autre applique les corrections validées. Les agents ne partagent aucun contexte avec la session qui a rédigé l'article. L'objectif est d'écrire comme un analyste, pas comme un modèle de langage, et de respecter la typographie française.
Règles de fond R1‑R17 — écrire comme un analyste
- R1. Casser l'homogénéité structurelle — varier la longueur et la structure des paragraphes
- R2. Regrouper par logique analytique, pas par catégorie mécanique
- R3. Distinguer jugement d'analyste et reformulation — ajouter une phrase de commentaire analytique qui ne se trouve dans aucune source
- R4. Éliminer les tics de punchline — pas de phrases‑punchline en fin de paragraphe, pas de « le signal est clair », pas d'énumérations ternaires en clôture
- R5. Tisser des fils conducteurs entre paragraphes — pas de transitions artificielles
- R6. Traiter les sources sans bruit visuel — intégrer dans le flux, jamais en fin de bloc entre parenthèses, jamais les compter
- R7. Autoriser l'asymétrie d'attention — développer les 2‑3 faits majeurs, expédier les sujets secondaires
- R8. Garde‑fou stylistique global — ton sobre, factuel, jamais emphatique. Vocabulaire d'urgence à traquer (urgent, critique, vital, sans précédent, transformateur, disruptif)
- R9. Casser l'uniformité rythmique — un sujet majeur peut avoir 10‑12 lignes, un point mineur 2 phrases sèches
- R10. Transitions directes, pas formulaïques — bannir les chapeaux de synthèse et les formules d'auto‑commentaire (« il convient de noter que », « il importe de souligner », « on notera que »)
- R11. Pas de parallélisme antithétique — bannir la figure « X et Y différents, mais qui partagent Z » et les structures binaires négatives
- R12. Précision numérique par rigueur, jamais par défaut — arrondir sauf quand la précision est l'argument
- R13. Éviter les balancements binaires symétriques — bannir « d'un côté… de l'autre », « d'une part… d'autre part »
- R14. Cohérence de registre — pas de tournure littéraire isolée dans un texte technique
- R15. Hedging cliché et modalisateurs vides — bannir « sans doute », « vraisemblablement », « d'une certaine façon », « plutôt » sans comparaison
- R16. Reprises démonstratives systématiques — limiter à deux occurrences par section (« ce renversement », « cette distinction », « ce principe »)
- R17. Vocabulaire‑signature LLM — alerte sur mobiliser, déployer, s'inscrire dans, décliner, articuler, interroger, éclairer, structurant, robuste, complexe, nuancé, enjeu, dynamique, logique, posture, grille de lecture, prisme, mise en tension, fondamentalement, structurellement, profondément, radicalement
Règles typographiques T1‑T23 — français normé
- T1. Espace insécable avant double ponctuation (; : ! ?)
- T2. Espace insécable avant %
- T3. Espace insécable entre nombre et unité
- T4. Espace insécable séparateur de milliers (≥ 10 000)
- T5. Pas d'espace avant virgule et point
- T6. Espace sécable après virgule, point, point‑virgule, deux‑points, point d'exclamation, point d'interrogation
- T7. Guillemets français « … » avec espaces insécables intérieures
- T8. Guillemets anglais "…" uniquement dans contenu marqué anglais
- T9. Tiret cadratin — pour les incises
- T10. Tiret demi‑cadratin – pour les plages numériques
- T11. Trait d'union ‑ réservé aux mots composés
- T12. Virgule décimale en français (pas le point) : 3,6
- T13. Pas de séparateur anglais des milliers : 99 000 et non 99,000
- T14. Majuscules accentuées obligatoires (À, É, Ê, Î, Ô, Ù)
- T15. Ligature œ (œuvre, non oeuvre)
- T16. Points de suspension : caractère unique …
- T17. Ordinaux français : 1er, 2e, 3e (pas 1ère, 2ème)
- T18. Numéro : n° + espace insécable + nombre
- T19. Termes en langue étrangère balisés (
<span lang="en">ou italique) - T20. Esperluette échappée selon le format
- T21. Apostrophe typographique courbe ’ (U+2019), pas droite '
- T22. Acronymes : première occurrence développée (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company, TSMC)
- T23. Majuscules des noms et adjectifs — majuscule aux noms de pays, villes, organismes ; pas aux adjectifs de nationalité (« le pétrole saoudien ») sauf emploi substantivé (« les Saoudiens »)
Skill verify-citations — vérification bibliographique et sémantique
Invoqué en phase 7 après les passes de style‑audit. Posture de relecteur académique : évaluer non seulement si la source traite du sujet, mais si le propos de l'article représente fidèlement la position de l'auteur cité. Comme pour style‑audit, la vérification est portée par un agent indépendant qui n'a pas rédigé le texte qu'il contrôle.
Le processus enchaîne quatre étapes : extraction locale des citations et vérification de leur présence dans la bibliographie via un outil en ligne de commande ; lecture du document source pour identifier la nature de chaque claim (définition, attribution, assertion factuelle, analogie, auto‑citation) ; vérification sémantique source par source ; production d'un rapport unique compte tenu par source (pas par occurrence).
La grille d'évaluation a cinq verdicts : CONFORME, DISCUTABLE, NON PERTINENT, NON VÉRIFIABLE, ANOMALIE BIBLIOGRAPHIQUE. Les cas qui demandent une décision humaine sont signalés sans verdict définitif et me reviennent.
Cascade de résolution web
Toute URL ou DOI à vérifier traverse une cascade ordonnée par coût croissant en jetons de contexte, pas par fiabilité :
- WebFetch — le moins coûteux
- Firefox mode lecture (
about:reader?url=…) - Playwright (navigation et capture d'instantané)
- Captcha : tentative automatique, puis demande à l'utilisateur. Jamais d'abandon silencieux.
Quand les ressources sont limitées (au‑delà de 20 sources), un ordre de priorité s'applique : clés absentes de la bibliographie (erreurs certaines), claims assertives fortes (« démontre que », « prouve que », « confirme que »), sources réutilisées pour des claims différentes, sources sans DOI ni URL, auto‑citations en dernier.
Ce que l'IA ne fait pas
- Elle ne choisit pas le sujet d'un article, ni son angle, ni son périmètre.
- Elle ne décide pas de la hiérarchie des sources ni de ce qu'on garde en cas de divergence.
- Elle ne publie rien sans validation explicite à CP1, CP2, CP3 et CP4.
- Elle n'invente pas de jugement analytique : la phrase de commentaire qui sort des sources (R3) est la mienne, ou rejetée.
À l'inverse, elle fait très bien : chercher, recouper, reformuler sous contrainte, appliquer 40 règles de style et typographie, vérifier que chaque citation dit ce que l'article lui fait dire, produire du HTML conforme. Ce sont des tâches d'atelier, instrumentales par construction.